Affichage des articles dont le libellé est Steven Spielberg. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Steven Spielberg. Afficher tous les articles

lundi 17 février 2014

L'empire du soleil

Titre

L'empire du soleil (Empire of the sun).

Scénaristes

Tom Stoppard, Menno Meyrjes, James Graham Ballard.

Commentaire

La double histoire de camps de concentration nippons aux alentours de Shanghai lors de la seconde guerre mondiale, couplée au récit d'un enfant qui abandonne son innocence pour devenir adulte. Une épopée prometteuse et ambitieuse, bien mise en scène, qui oublie hélas qu'un objectif se nourrit aussi d'enjeux forts.

1) Points forts
La petite histoire dans la grande histoire, cela fait toujours plaisir, relate ici le besoin du petit Jim (Christian Bale, alias Batman) de survivre, en tant que jeune britannique nantis habitant de quartiers VIP de Shanghai en 1941, en pleine guerre et famine, contre le Japon. La Chine est alors présentée comme pro-occident (l'architecture et les moeurs occidentales de Shanghai sont volontairement mis en avant par le réalisateur), face à un Japon pro-nazis (l'effrayante et puissante armée qui martyrise le peuple chinois), malgré quelques nuances (l'honneur et l'intégrité sans égale du peuple japonais, la cupidité de quelques chinois et occidentaux).
On appréciera notamment les scènes à plusieurs niveaux de lecture. Par exemple, lorsque Basie (John Malkovitch), ramasse à la pèle quelques gravas aux pieds de son protégé Jim (Christian Bale), il illustre aussi son intention de le sortir du pétrin et de déblayer, quelque part, le chemin du jeune anglais dont il apprécie les manières et la possibilité de lui trouver quelques affaires. Et cette autre scène où les nantis occidentaux n'ont pas d'autre choix que de passer sur un pont pour rejoindre une fête, en croisant la foule pauvre, affamée et en pleine rébellion, faisant front à leurs costumes déplacés et extravagants, au sein de leurs voitures de luxe, dans un même et unique plan. La confrontation qui symbolise la rébellion est claire.

2) Points faibles
A cette double narration, un autre objectif vient aider notre héros à s'accomplir. Très jeune, bercé par la vue d'avions dans le ciel, admiratif, il ne cesse de vouloir un jour les toucher à défaut de pouvoir les piloter. Il se prend à jouer alors souvent d'un avion de papier, qui l'amènera face à différentes situations parfois cocasses (affront d'un groupe de militaires menaçants, perte de ses parents). C'est le travers du héros qui le conduit à perdre la raison et l'oblige à trouver le moyen de se réaliser. Mais cet objectif apparaît trop secondaire et assez peu organique. Il ne sert en fin de compte qu'à perdre le fil ou à modérer la cruauté de la guerre, et à la rendre plus poétique sans doute dans le regard de l'enfant. Le fil conducteur de l'avion de papier ne trouve en effet de réalisation que dans la vue véritable d'une attaque aérienne par le jeune Jim. L'attaque du camp de concentration où était placé le gamin, clou de l'histoire à la suite des événements d'Hiroshima, aurait pu se faire sans lui.
De même, l'enfant subit un peu beaucoup l'histoire avant de se révéler enfin, dans la dernière demie-heure. Certes, il est jeune et l'on concède que passer d'un cocon bourgeois à l'autonomie d'un aventurier adulte, il y en a des épreuves à vivre. Mais le spectateur, lui, reste en attente d'action émanant de son héros ! 

3) Le même scénario, réécrit
Pour que la démarche du jeune Jim apparaisse plus active, il aurait fallu que l'enjeu de sa mort se manifeste de manière plus menaçante encore, par des attaques répétées plus évidentes, moins suggérées. De même, pour que sa petite histoire se lie avec la grande, il aurait fallu qu'une action de sa part influe le déroulement des événements. Par exemple, son amitié avec quelques enfants japonais aurait pu attendrir de manière plus effective encore les militaires des deux parties opposées et introduire quelques conciliations réciproques. Le point de vue du réalisateur et des auteurs a bien été de rester sur le regard de l'enfant, tout en reprenant les faits réels de l'histoire, mais tous les spectateurs ne sont pas des enfants et un récit n'est pas que l'histoire. Ce film peut donc paraître long, malgré ses scènes mémorables et la sensibilité de son principal personnage.

mercredi 1 mai 2013

Super 8

Titre

Super 8.

Scénaristes

Jeffrey Jacob Abrams.

Commentaire

Dans ce récit de science-fiction générationnel produit par Steven Spielberg et sensiblement dirigé par JJ Abrams, un groupe d'ados découvre, à l'occasion d'un tournage amateur en Super 8, un effroyable secret caché par l'armée américaine. Mais ce film, bien que séduisant au premier abord, pêche par de gros artifices vraiment inutiles.

1) Points forts
La qualité des relations entre chaque protagoniste aide à caractériser les situations sans jamais tomber dans des traits grossiers, souvent caractéristiques des films pour ados. Ici, le gros ne fait pas que manger, c'est d'abord l'intello de la bande. De même, le personnage principal se trouve être le plus réservé du fait qu'il vient de perdre sa mère. Il est amoureux d'une voisine également très nuancée à cause d'un père alcoolique. Les pères respectifs de nos deux héros, que tout oppose, apportent également leur contribution à aiguiser les conflits.

2) Points faibles
L'idée de remettre au goût du jour le Super 8 était brillante mais n'est pas du tout exploitée organiquement, ni à l'image, ni dans le récit. C'est bien dommage. On est loin d'un film écrit par Gondri ! Le temps nécessaire au développement de la pellicule Super 8, utilisée cependant par les ados pour réaliser leur court métrage, renforce à peine l'attente et le suspens du dénouement.
Mais, plus gênant, c'est l'idée saugrenue de faire débarquer un extra-terrestre au beau milieu de la cargaison secrète de l'armée, qui vient littéralement plomber le récit. Gadget pour ados ? Le film n'avait pas besoin de cet artifice pour maintenir notre attention, déjà bien entretenue par les relations entre les caractères.

3) Le même scénario, réécrit
On pourrait remplacer le titre "Super 8" par "Mon premier court métrage". Ce serait plus juste mais moins vendeur je vous l'accorde. Le jeu et les intrigues secondaires sont de qualité. Mais, au lieu d'ajouter un extra-terrestre in extremis, pour impacter visuellement et finalement diluer notre attention, il aurait mieux valu renforcer cette action en restant sur une cargaison secrète de l'armée plus simple, qui ne vienne pas bousculer le récit dont la structure ne change aucunement du fait que c'est un extra-terrestre. L'enjeu de la réconciliation des différentes personnalités reste le même, avec ou sans extra-terrestre. On aurait ainsi pu choisir d'y faire figurer des munitions d'une nouvelle génération, un virus nouveau, ou autre chose d'un peu plus plausible qu'un monstre venu de nulle-part et dont nous n'en saurons pas davantage. Les puristes retiendront de ce film l'équipe solidaire que forment les jeunes comédiens, et la qualité de leurs échanges, davantage que les gadgets qui ponctuent le conflit.

Arzhur Caouissin.