mercredi 10 décembre 2014

The tree of life


Commentaire

The tree of life

Scénaristes

Terrence Malick

Commentaire

Une oeuvre magistrale, ôde à la beauté de la vie, à mi chemin entre un film de Stanley Kubrick et Clint Eastwood.

1) Points forts
Aucun compromis artistique n'est fait pour illustrer la beauté du monde. On passe du réel quotidien d'une famille américaine se créant des complications psychologiques liées à l'éducation dure de leur progéniture, à la grandeur et générosité de notre monde, tous espaces et toutes époques confondus. Une approche qui peut dérouter les spectateurs familiers de récits plus traditionnels, mais qui reste parfaitement cohérente d'un point de vue artistique et dramaturgique. C'est un récit avec, tout simplement, un point de vue omniscient. Une oeuvre que les bouddhistes qualifieraient de pleine conscience, où cohabitent une vision globale et une lecture subjective. Une oeuvre que seul le numérique probablement autorise, du fait de la perfectible précision et du détail photographique des images.
Bien que probablement absents du scénario écrit, la mise en scène offre son lot de trouvailles filmiques qui plairont aux cinéphiles. Lorsque la caméra tourne sur elle-même à la manière d'un plan séquence de Claude Lelouche, les personnages demeurent tantôt fixes ou disparaissent, voire, changent d'époque. La sensibilité du cadre et du jeu sont telles que l'on ne s'en rend pas compte. Tout, y compris les moments difficiles, est fluide.
Le père dur, Mr O'Brien (Brad Pitt), ne laisse rien transparaître jusqu'au dernier moment où l'on comprend l'implication qu'une vision globale et parallèle du récit apporte lorsqu'il révèle son véritable jeu, celui de prédisposer ses enfants à la beauté du monde en les prémunissant de la bêtise humaine. De même, Jack (Hunter Mc Cracken/Sean Penn), le fils aîné qui en voit de toutes les couleurs avec son père, témoigne d'un des sentiments les plus libérateurs que l'homme puisse connaître : le pardon.
Ce récit, outre la petite histoire qui se trame entre quelques individus, nous raconte surtout l'univers et la manière avec laquelle l'auteur nous conseille de nous libérer pour donner du sens à notre existence.

2) Points faibles
Tout comme les années 60 et 70 ont produit des films aux plans cinémascopes et couleurs interminables, parce que l'on découvrait la couleur en grand format, il est probable que ce film-ci prête à sourie d'ici quelques décennies, très marqué par un style où le numérique offre une nouvelle vie aux images d'un niveau de piqué extrêmement fin. Une film qui risque donc de marquer son époque pour une oeuvre qui aspirait pourtant à nous ouvrir vers l'universel et l'infini.
La posture du père apparaît assez peu digeste car souvent injuste. On gagnerait à alterner avec une posture plus libre, incarnée peut-être par l'espoir d'une mère soumise mais un peu plus manifeste.

3) Le même scénario, réécrit
Aucun défaut scénaristique hors mis quelques longueurs de plans photogéniques. Mais ils participent à la singularité de l'oeuvre. Du grand art. A voir absolument, et en très haute définition.

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